Il s’agit d’une série d’articles et d’encarts rédigés pour une revue traitant de la médecine à l’ère du numérique, pour la société Ordissimo.
TUNNEL LA FEMME
CHAPÔ
Chargées de la santé au sein de la cellule familiale et du couple, les femmes sont expertes en matière de traitements, maladies et autres parcours de soin. Internet, très riche en sites et en blogs 100% féminin leur permet d’échanger et de s’informer. Toujours en première ligne !
Santé féminine : les maux pour le dire…
Toujours au front quel que soit son âge, la femme est souvent chargée au cœur de sa famille ou de son couple de prendre en charge la santé des autres. Grande utilisatrice d’Internet, elle se tient au courant de l’actualité médicale et fréquente les forums. Mais attention à la surcharge !
Courir entre rendez-vous pro, réunions de parents d’élèves ou d’associations tout en s’occupant de ses enfants, de son mari ou de ses petits-enfants… c’est le quotidien de nombreuses femmes de tout âge. « Quand je me suis mise en retraite, j’ai cru que ça allait se calmer, confie Albane, 67 ans. Finalement, comme ma fille travaille beaucoup, je m’occupe énormément de mes trois petits-enfants et mon mari ne sait rien faire sans moi (rires ) ! Je suis aussi débordée qu’à 40 ans. Je m’occupe peu de moi quand j’y pense… » Face à un tel témoignage, qui est loin d’être isolé, la question se pose : Internet peut-il nous aider à prendre soin de notre santé ?
Pouvoir discuter, échanger sur Internet
De toute éternité, les femmes ont été encouragées à prendre soin de leur famille et d’elles-mêmes. Elles seraient donc naturellement plus proche des systèmes de soin ainsi que des comportements moins risqués au niveau de la santé. Une proximité avec le système médical qui est renforcée avec Internet : quoi de plus facile que de trouver des informations désormais ? Mais c’est justement cette abondance qui peut parfois devenir anxiogène… Internet est à utiliser avec modération ! Ce qu’on y trouve est souvent intéressant mais également contradictoire ou troublant. Un conseil donc : confrontez toujours vos informations avec votre gynécologue.
De l’endométriose à la ménopause
L’outil Internet a aussi des bons côtés : pouvoir discuter avec d’autres femmes de son quotidien est un atout précieux, surtout pour parler de certaines maladies invalidantes comme
l’endométriose. Rappelons qu’un silence a longtemps entouré cette maladie douloureuse qui durant des années a été minimisée voire complètement ignorée par les médecins, avant que les femmes ne fassent entendre leur voix. Encore méconnue, on estime pourtant qu’elle toucherait 1 française sur 10, soit entre 2,1 et 4,2 millions, autant que le diabète ou l’asthme. Autre sujet qui touche les femmes, et uniquement les femmes : la ménopause. Sans être une maladie, ce tournant crucial de la vie féminine s’accompagne, comme bon nombre de moments liés à l’intimité féminine (règles, grossesse, etc.), de désagréments réels pour lesquels il est bon de ne pas se sentir seule. On peut d’ailleurs s’étonner du relatif silence d’Internet sur ce sujet qui semble encore tabou. Tout comme le fut longtemps celui des règles…
Encadré : Internet et la santé féminine… Vous en pensez quoi ?
Nathalie, 62 ans, biologiste, Paris Xe.
« Je suis très étonnée de constater que la ménopause est la grande oubliée de la santé féminine sur Internet. C’est d’autant plus étonnant que ce sujet nous touche toutes à un moment de notre vie. C’est un véritable préjudice… »
Claudine, 35 ans, fonctionnaire territoriale, Poissy (78).
« J’utilise régulièrement Internet pour aller chercher des informations gynécologiques. Mais je suis assez prudente et je coupe toujours les informations trouvées avec mon médecin. Dans quelques cas, cela m’a aidée à conserver mon sang froid et à ne pas paniquer devant des symptômes que je trouvais bizarres. »
Encadré : La ménopause… grande oubliée du Net !
Force est de constater que la ménopause est la grande oubliée d’Internet. Rien d’étonnant à cela dans la mesure où c’est un sujet encore peu pris en considération en général. Injuste que toutes les femmes seront un jour ménopausées et que cette période de la vie ne signifie nullement l’absence de vie de femme. D’autant que les femmes sont aujourd’hui ménopausées de plus en plus jeunes (certaines avant 40 ans) à cause notamment du stress et des perturbateurs endocriniens. Un déficit à creuser donc ! Et même si en France environ 2,5 millions de femmes sont en période de pré-ménopause et 11,5 millions de femmes en France sont ménopausées. Citons toutefois une application : La Ménopause, développée par Vivio. Il s’agit d’un guide pratique contenant des informations, des conseils, et qui permet aussi de suivre l’évolution de la ménopause au quotidien. Une offre encore bien faible quand on songe à l’universalité de cette thématique. https://play.google.com/store/apps/details?id=com.caravanemedia.fr.menopause&hl=fr_BE
Encadré. Endométriose : Internet soutient celles qui souffrent
Cette maladie chronique liée aux règles se caractérise par la présence de foyers d’endomètre en dehors de la cavité utérine. Elle peut provoquer des douleurs intenses parfois très handicapantes et causer des douleurs lors de rapports sexuels. Notons également que certaines endométrioses sont découvertes ou persistent à la ménopause (ndlr : on parle alors d’ « endométriose spontanée ») et certaines sont récidivantes chez des femmes sous traitement hormonal substitutif. »
Notre sélection d’applications pour aider les femmes qui en sont atteintes…
Myendo’App une appli qui espère réduire le temps de diagnostic de l’endométriose (jusqu’ici de 6 à 12 ans) grâce à un algorithme et un questionnaire, pour ainsi permettre un traitement plus rapide. L’appli permet également d’avoir un meilleur suivi de la maladie et de participer à la recherche. Coût : 9,99 euros.
Pour une appli gratuite, vous pouvez vous tourner vers Follow Metrios, qui a le même objectif d’accompagner les malades au quotidien.
podcast : Le site info-endométriose a lancé son podcast Mon endométriose, diffusé depuis le 1er septembre 2020. Le but est d’ouvrir la parole sur la maladie en laissant des malades raconter leur vécu et leur expérience.
On peut aussi se renseigner sur le site officiel de l’association française qui lutte contre cette maladie : https://www.endofrance.org/la-maladie-endometriose/faq-foire-aux-questions/
Encadré : Des sites 100% femmes
La mariée en colère, un blog qui parle aussi beaucoup de grossesse et de santé féminine, bien que ce ne soit pas le principal sujet. On y trouve des témoignages de sujets difficiles : dépression post-partum, PMA, infertilité, fausse couche, FIV, les regards de l’entourage et la pression de la société… La force de ce blog est de n’avoir aucun tabou et de permettre de lire des témoignages qui parleront à toutes. https://lamarieeencolere.com/
Gynandco, un super site qui ne porte pas sur le gin mais bien sur la gynécologie. Alimenté par des spécialistes il traite de tous les sujets, des premières menstruations à la ménopause. Les articles sont courts, accessibles et sourcés. Cependant, certains manques se font sentir sur l’IVG, la sexualité et les innovations en matière de protection hygiénique. https://www.gynandco.fr/
Kiffe ton cycle, un blog qui parle des règles sans tabou. Gaëlle Baldassari, la créatrice, se définit elle-même comme une « hackeuse de cycle menstruel » car elle propose aux utilisatrices de son site de se réconcilier avec les règles. Le contenu propose des articles de blogs gratuits et des programmes payants : conférences et coaching pour mieux gérer son cycle. https://kiffetoncycle.fr/blog/
Vive la Ménopause, un site qui traite de tous les aspects de cette période dans la vie des femmes. Différents onglets bien fournis permettent de trier les informations : effets indésirables, aides et conseils, généralités. Le plus de ce site réside dans la proximité avec la créatrice, Catherine, qui met en avant son ressenti et son témoignage. https://www.vivelamenopause.com
(Re)Découvrir sa sexualité avec Internet
Quelle que soit votre sexualité, en ligne il y en a pour tous les goûts !
Je m’en bats le clito : https://www.instagram.com/jemenbatsleclito/
https://www.instagram.com/jouissance.club/?hl=fr
Encadré : Une appli pour suivre sa grossesse
Autant de changements dans sa vie, il y a de quoi paniquer ! Rien de plus normal que de vouloir se renseigner au maximum et prendre le plus de précautions possibles. 9 mois & moi est une application créée par les laboratoires Gallia, gratuite, qui aide à comprendre ce qu’il se passe dans son corps. Grossesse plus est une appli payante mais très complète. Enfin si vous voulez discuter avec d’autres mamans, privilégiez WeMoms !
Encadré : Cancer du sein : Internet en première ligne
Rappelons d’abord quelques chiffres… :
– 58 000 nouveaux cas de cancer du sein sont décelés chaque année
– 12 000 décès annuels sont imputables au cancer du sein, ce qui en fait la première cause de décès par cancer chez les femmes
– 1 femme sur 8 risque de développer un cancer du sein au cours de sa vie
Dans plus de 8 cas sur 10, le cancer du sein touche les femmes de plus de 50 ans (28 % sont diagnostiquées après 69 ans).
90 %, c’est le taux de guérison lorsque le cancer est décelé précocement. C’est pourquoi, il est conseillé d’effectuer un dépistage du cancer du sein de manière régulière, l’objectif étant d’augmenter les chances de guérison des patientes en cas de maladie.
Pour s’informer, Internet offre un grand choix de sites :
https://www.e-cancer.fr/: un site généraliste sur le cancer.
http://www.lesimpatientes.com/ : un site pointu sur la recherche, avec des interviews, des articles de fond sur les traitements. Aussi passionnant que bien informé.
https://www.seintinelles.com/: un site collaboratif très engagé dans la prévention et l’information. Instructif et nécessaire.
Charge mentale féminine : Allo maman bobo !
Un sondage de Frost & Sullivan réalisé en 2018 montre que 90% des femmes sont décisionnaires des décisions prises par la famille. La même année, Ipsos révèle que 8 femmes sur 10 sont concernées par la charge mentale. Et cela à tout âge !
Le concept de charge mentale a été inventé par la sociologue Monique Haicault, qui écrit en 1984 un article intitulé « La gestion ordinaire de la vie en deux » où elle démontre que les femmes en plus de travailler doivent gérer toute la sphère domestique, créant un empiétement tel le chevauchement de deux plaques tectoniques. Une enquête menée en 1998 par Sylvie Hamon-Cholet confirme ces nouvelles pressions dans la vie des femmes. En 2017 le terme « charge mentale » a été popularisé par la dessinatrice Emma dans ses bandes dessinées publiées sur son blog. Le concept englobe donc tout ce qui touche à la vie de la famille : santé, alimentation, école, les milles et une petites choses de la vie quotidienne.
Mais la charge mentale s’étend plus loin que la famille dite nucléaire : elle peut toucher les femmes de tout âge, y compris quand elles sont à la retraite. En effet, avec l’allongement de la vie, la meilleure prise en charge des pathologies du grand âge, il n’est pas rare de voir des femmes de 70 ans assumer une maman très âgée, des petits-enfants à garder le week-end et un conjoint qui peut avoir des problèmes de santé et dont elle va gérer tous les rendez-vous chez le médecin, à l’hôpital et les prises de médicaments. Une charge qui engendre un trop plein et peut se manifester par du stress, de l’anxiété, un burn-out…
Encadré (avec la charge mentale) : « J’ai pas le carnet de santé ! »
« J’ai pas le carnet de santé, ma femme me l’avait pas préparé » raconte un homme amenant son enfant chez le pédiatre. Ce témoignage provient du compte Twitter « Charge Mentale Pédiatrie », créé le 18 juin 2018 par Mathilde, interne en stage de pédiatrie. Atterrée par le manque d’implication des pères qu’elle reçoit, elle raconte son quotidien sur le réseau social. Et c’est édifiant ! On y découvre des papas qui ne savent pas moucher leur enfant (un geste pourtant basique), qui oublient le carnet de santé, de faire les vaccins ou même les symptômes du petit malade… Tous se réfèrent à la maman qui doit être aussi experte qu’une cheffe d’hôpital et aussi multitâche qu’une directrice d’entreprise. Un cumul qui a un nom : la charge mentale.
Encadré : Charge mentale et Internet…
« Je m’occupe de la santé de mes enfants (majeurs) et de mon mari » nous explique Sofia, 54 ans. Mère de famille, elle est mariée depuis 25 ans avec François (53 ans) : « Nous avons beaucoup utilisé Internet pendant le confinement, quand nous avons cru que François pouvait avoir attrapé le Coronavirus ». Les outils numériques se sont alors révélés bien utiles (pour prendre rendez-vous notamment), même si tous deux restent vigilants sur leur utilisation, notamment concernant la confidentialité de leurs données. En temps normal, Sofia utilise Internet pour prendre soin de tout le monde : recherche de médecins, mise à jour du compte Ameli, de la mutuelle… Une tâche qui peut parfois être épuisante tant il y a des informations à analyser, surtout pour une génération qui n’a pas été habituée très jeune à Internet.
Encadré : Grace et Frankie
A 70 ans Grace, une femme d’affaires, et Frankie, une hippie, apprennent que leurs maris les quittent pour se marier. Alors que tout les oppose, les deux femmes vont apprendre à vivre ensemble et forger une belle amitié. Une série feel good et moderne à dévorer sans modération ! Toujours en production, la série compte déjà 6 saisons.
La sexualité
On l’oublie parfois mais la sexualité fait partie de notre santé : notre bien être mental en dépend parfois. La sexualité féminine a longtemps été taboue (voire considérée comme inexistante) mais jouit d’une véritable libération depuis ces dernières décennies, et Internet y apporte beaucoup.
Parmi les tabous liés à la sexualité féminine se trouve la masturbation, considérée comme utile au Moyen Âge pour s’entraîner à avoir des enfants avant de tomber dans l’interdit. Pourtant, la masturbation fait partie intégrante de notre sexualité.
Quels blogs ou sites pour (re)découvrir sa sexualité :
- Poulet Rotique, blog de Clarence Edgar-Rosa, une journaliste féministe https://pouletrotique.com/
- Le compte Instagram pour jouir à tous les coups c’est Jouissance club. Un club inclusif pour apprivoiser sa sexualité, car oui, là aussi on peut apprendre ! Avec Jüne Plã, partez à la découverte de la cartographie de votre corps et de ses plaisirs, avec un manuel essentiel. https://www.instagram.com/jouissance.club/ . Existe aussi en livre.
- Le compte Insta pour décomplexer : avec Je m’en bats le clito, Camille Aumont Carnel aborde les tabous de la vie ou plutôt comme elle le dit « juste la vie ». Impossible de résister face à cette personnalité inspirante et flamboyante qui donne envie d’attaquer tous nos doutes et complexes avant même le café du matin. https://www.instagram.com/jemenbatsleclito/
- Le cabinet de curiosités féminines, tenu par un collectif de personnes, propose articles et ateliers pour découvrir votre sexualité : https://cabinetsdecuriosites.fr/
Podcast sur la sexualité :
- Quoi de meuf, un podcast drôle et intelligent qui aborde de nombreux aspects, de la politique à la masturbation. Co créé par Clémentine Gallot, avec ses intervenants elle y parle de pop culture et décortique notre monde.
Comment muscler son périnée : un sujet qui n’est pas réservé qu’aux femmes ayant une vie sexuelle, loin de là ! Le périnée joue un rôle important pour chaque femme et continue après la ménopause, notamment pour la rétention de l’urine. On peut se muscler avec des exercices de Kegel, ou avec des accessoires comme les boules de geisha ou boules de Kegel. Comprenez votre périnée en une minute : https://www.fizimed.com/blog/muscler-son-perinee/
La chaîne Youtube pour décomplexer : Solange te Parle, une vidéaste qui aborde tous les sujets de la vie, du corps des femmes à la masturbation. https://www.youtube.com/user/SolangeTeParle
La personne à suivre : Maïa Mazaurette, chroniqueuse sexperte qui décomplexe la sexualité avec humour et finesse. https://www.facebook.com/Ma%C3%AFa-Mazaurette-155803931102048/


Laisser un commentaire